Janvier 2026 au Québec : froid très rare, contrastes marqués et fin de mois mordante

Janvier 2026 a été un mois d’hiver… mais pas toujours dans le même registre. On a d’abord jonglé avec une ambiance plus froide au sud pendant que le Nord respirait une certaine douceur. Ensuite, la douceur a tenté de s’étendre jusqu’à la mi-mois… avant qu’une masse d’air arctique ne vienne remettre tout le monde à sa place en fin de mois. Et pas à peu près : on parle de valeurs qualifiées de très rares dans plusieurs secteurs du sud du Québec.

Encadré — Faits saillants (format “coup d’œil”)

  • 24 janvier : air arctique et froid “très rare” au sud d’un axe Abitibi–Côte-Nord.
  • Entre Montréal et Québec : maximums qui restent sous -20°C (du très solide…).
  • Ressenti : jusqu’à -42 à Val-d’Or et Bagotville.
  • Neige : souvent près des normales, mais avec de gros contrastes régionaux (ex : Saguenay sous la normale).
  • Golfe du Saint-Laurent : couverture de glace en hausse, mais encore sous la normale.

Le scénario du mois : doux au Nord, plus “normal” au Sud… puis la claque

En première moitié de mois, le sud du Québec (et la vallée du Saint-Laurent) a connu des périodes sous les normales, alors que le Nunavik vivait plutôt une douceur relative. Puis cette douceur nordique s’est graduellement étendue vers le reste de la province jusqu’à la mi-janvier.

Mais c’est la troisième fin de semaine qui vole la vedette : une poussée d’air arctique envahit le Québec et, le 24 janvier, plusieurs secteurs enregistrent des valeurs considérées comme très rares.

Quand on dit “rare”, on parle de ça :

Entre Montréal et Québec, des maximums diurnes sous -20°C : le genre de journée où “le soleil ne sert à rien”, et où on doit remonter à plus de 50 ans pour trouver un maximum aussi froid dans les archives pour ce secteur.


Refroidissement éolien : du vrai -40 dans la face

Le froid seul, c’est une chose. Le froid + vent, c’en est une autre. Pendant l’épisode le plus intense, le ressenti est descendu jusqu’à -42 à Val-d’Or et Bagotville.
Traduction terrain : peau exposée = mauvaise idée, et on surveille autant les risques (pannes, batteries, mécanique) que le confort.


Précipitations : pas un mois ultra “chargé”, mais des épisodes bien organisés

Au total, plusieurs régions ont affiché un léger déficit de précipitations, notamment le long du fleuve, certains secteurs du centre/ouest et des zones près de la Baie James / Baie d’Hudson.

1–2 janvier : tempête d’ouverture

Le mois a débuté fort dans l’Est : Gaspé a reçu 34 cm en deux jours, soit près de la moitié de sa normale mensuelle. Un départ qui te rappelle que janvier peut frapper dès le premier shift.

10–12 janvier : trois systèmes coup sur coup

Trois systèmes ont traversé le Québec en peu de temps, laissant 20 à 30 mm sur plusieurs régions (Grand Montréal, Capitale-Nationale, Laurentides, Est). Le “pattern” classique : ça commence en pluie et ça finit en neige — et c’est souvent là que ça se complique sur les routes.


Neige : près des normales… mais pas partout pareil

À l’échelle du Québec, les chutes ont été près des normales ou légèrement sous les normales, avec des périodes plus calmes au début et à la fin du mois.

Exemple qui parle : Saguenay

Au Saguenay, on note 36 cm pour une normale de 62 cm (environ 58%). Ça ne veut pas dire “pas d’hiver”… mais ça signifie que la neige n’est pas tombée de façon constante comme dans un janvier typique.

Neige au sol : le contraste

Fin janvier, certaines stations comme Kuujjuaq et Roberval affichaient environ la moitié de l’habituel au sol, tandis que Val-d’Or et Sept-Îles approchaient le double. Bref : même province, mais pas le même hiver.


Glace dans le golfe : un rattrapage… sans rejoindre la normale

La couverture de glace du golfe du Saint-Laurent a globalement progressé, mais une période plus douce et des vents forts à la mi-janvier ont freiné l’évolution. Résultat : un retard d’environ une semaine à la fin du mois.

Cela dit, janvier 2026 a quand même affiché la plus grande couverture mensuelle depuis 2022, et la plus grande couverture de fin de mois pour un janvier depuis 2020… tout en demeurant sous la normale.


Impacts : routes, fermetures, annulations

1–2 janvier

Conditions difficiles et perturbations : tronçons fermés (A-20, 132, 138), traversées maritimes affectées, fermetures d’écoles en Minganie.

24–26 janvier

Après le froid extrême, une bordée de neige au sud a généré collisions/sorties de route, carambolages et fermetures partielles d’autoroutes, en plus de retards et d’environ 100 vols annulés.


Le chiffre du mois

-20°C (maximum)
Quand un secteur entre Montréal et Québec passe une journée entière avec un maximum sous -20°C, ce n’est pas “juste froid”. C’est un signal statistique fort, typiquement associé à des configurations atmosphériques très efficaces pour drainer l’air arctique.


Et février 2026 ?

Le début février s’annonce dans la continuité du froid de fin janvier, avec une configuration qui favorise le maintien d’air froid sur l’est de l’Amérique du Nord (vortex polaire plus près de nos latitudes). Ça pourrait aussi orienter une partie de l’activité des tempêtes plus à l’est, limitant certains gros épisodes chez nous.

Puis, vers le milieu du mois, la tendance pourrait revenir vers quelque chose de plus saisonnier : températures proches des normales et précipitations plus typiques d’un février.


Conclusion

Janvier 2026 n’a pas été le mois le plus “neigeux” partout, mais il a été marquant : contrastes régionaux, quelques systèmes bien placés, et surtout une fin de mois exceptionnelle côté froid dans plusieurs secteurs du sud. Un mois qui rappelle que, même en 2026, l’hiver au Québec sait encore sortir les dents.

0
    0
    Panier